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Vigilance démocratique pendant l’état d’urgence sanitaire

31 mars 2020

Depuis le début de la crise, les français, dans leur immense majorité, sont derrière celles et ceux qui permettent à notre pays de continuer à fonctionner. Ils font corps avec les professionnels de santé, les fonctionnaires et tous les salariés qui, dans le secteur privé, continuent de travailler pour nous fournir notre alimentation, notre énergie, notre eau… Le pays fait bloc face à une crise d’ampleur sans pareil.

C’est ce caractère inédit et exceptionnel qui a poussé le gouvernement à demander l’instauration d’un état d’urgence sanitaire. Il a désormais les pleins pouvoirs, compte-tenu de la faiblesse des moyens de contrôle dont dispose le parlement. Il a une responsabilité immense. Celle, bien sûr, d’assurer dans la plus totale transparence la gestion de la situation actuelle sur le plan sanitaire, économique et social. Celle d’écouter celles et ceux qui font montre de propositions : les élus, les associations, les syndicats, les représentants des professions… Des propositions qui s’appuient sur les constats réalisés sur le terrain et qui mettent parfois en lumière des manques (c’est le cas pour les masques ou les tests), l’inadaptation de mesures prises ou encore l’oubli d’indemnisation de certaines catégories professionnelles….Ce n’est pas faire preuve d’irresponsabilité ou de manquement au principe d’unité nationale que de faire état publiquement de cela. 

Comme députée, j’assume totalement ce rôle, comme j’assume pleinement mon rôle d’élue de la nation qui, par la Constitution, me confère le devoir de contrôler l’action du gouvernement. Mon groupe parlementaire à l’Assemblée nationale et moi ne renoncerons jamais à dire notre sentiment sur les ordonnances (même si le contrôle du Parlement en est exclu) et les décret pris durant cette crise. Les députés socialistes et apparentés se sont opposés aux mesures dérogatoires en matière de droit du travail et ont proposé des “garde-fous” afin de protéger les salariés. Pendant l’état d’urgence sanitaire, et dans un état de droit comme le nôtre, la démocratie doit résister absolument, la parole doit plus que jamais rester libre, et les institutions comme le Parlement conserver toutes leurs prérogatives.